01.10.2011

L'ALBUM QUI COMPTE ( Depeche Mode/Sounds Of The Universe )

Songs of The Universe

 

 

Avril 2009: Les anesthésistes-clubbers les plus célèbres du monde entier sont de retour, et viennent de rebidouiller leurs machines et vocoders pour nous sortir encore unes de leurs joyeuses B.O's pour masses, aux nappes savamment distillés; le tout ponctué de vagues new wave... En effet depuis le départ de leur portefaix, programmeur, et poupée Ken attitré Alan Wilder (ayant de son coté plongé dans l'expérimental avec Recoil), qui aurait douté que ce groupe, au départ, au son synthétique sorti de nulle part; poursuivrait une histoire aux cotés des plus grands mythes de l'histoire du rock ?   

Enfin, sans sombrer dans la plaisanterie douteuse de fond de troquet; après la sortie de cet album contenant leur nouvel ADN "Playing The Angel"  (faisant suite au timoré Exciter...), du néo synth-moog "Precious" au dark "I Want It All" en passant par les choeurs de "Pimpf"; qui, toutefois, n'a jamais entendu un jour un des titres de ce groupe aux véritables rockstars mondialement renommées, et contre sa volonté ?

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198o: Some Byzarre / Photographic...

 

Bien souvent comparée avec d'autres avec qui ils n'ont strictement rien à voir, cette formation ayant signée chez le label Mute, et née dans une verte banlieue de Londres pendant les années 80, est en vérité bien plus proche - et c'est normal - de ses proches collègues anglais à consonance dance ou électronique:  Tears For Fears, Talk Talk, New Order (Blue Monday), The Cure, Bauhaus, Can, mais aussi Joy Divison, Brian Eno, OMD (Enola Gay), Heaven 17 (We dont need no fascist groove), et bien sûr Devo (Mongoloid.)

Et puis au gimmick (vrai) "souvent imités rarement égalés", ces  yuppies du music business avant l'heure à la succession de hits d'abord présents sur une simple compilation, usants parfois d'une symbolique à 2 balles jointe à une esthétique MTV, n'ont peur de rien: De temps en temps glams, mutants poppies aux étranges costumes n'ayant de leçons à recevoir de personne surtout coté pop, ou essentiellement vêtus de cuir noir, leurs singles feront leur petit effet sans révolutionner le marché tout en fonctionnant par le bouche à oreille; dont l'innovateur "Dreaming of Me" aux boucles sans fin, l'ironique "Someting To Do", "New Dress" (censuré lors de sa sortie par Lady Di), le trouble "Black Celebration, l'hymne militant aux ambigus lyrics "A Question of Time", et bien sûr le très acid beat et écolo concerné "Stripped".  

    D'ailleurs le prolixe, créatif (et choquant pour certains à une époque) auteur/compositeur Gore, tellement goguenard; et à l'organe si 'Broadway touch' (sachant paraît-il jouer en virtuose de toutes les guitares) dont la moindre de ses compositions évoque entre autres Bowie (mais aussi les lignes de basse de beaucoup de groupes allemands dont D.A.F "Der Mussolini")  ne confessera-t-il pas lors de plusieurs entretiens sa fascination pour Philip Glass, avec certains des musiciens folk/blues des 70's ? Difficile donc de contredire cette légende dés son départ pour Berlin et le studio Hansa en 1985, et de ne pas saisir l'originalité des influences du groupe. Quant à la carrière en solo de son compère Gahan à partir de 2002, un sorte de rock plutôt néo-bobo aux sons évoquant en 2 albums (Hourglass - Paper Monsters) l'espoir mais aussi la dévotion des chapelles télé-évangéliques de NBC, il est sûr que, contenant dans son oeuvre de ces atmosphères glauques sinon franchement mièvres + une multitude de remixes que reniera d'emblée tout puriste, Depeche Mode, osant la provocation et le goût élitiste, évitera le plus souvent de se cantonner dans le genre populaire ! 

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Le fait étant qu'injustement surtout évoqué pour leurs premiers titres de début, il semble bien que personne n'ait, curieusement, écouté avec sérieux des albums n'ayant finalement que peu de choses à voir avec un antique boy's band, aux génies inconnus et souhaitant simplement s'enrichir dans le monde du spectacle avec un micro et 2,3 bandes enregistrées. Car au contraire de dj's diffusant leurs titres interminables sur les dancefloors, une véritable stratégie artistique se monte dés la mise sur orbite du groupe et le départ de Vince Clark (Erasure), à l'origine membre unique de la formation; et puis, dorénavant à l'allure de punks electro (Master & Servant); les DM, sur l'escalier du succès, et qui ont su poursuivre de vrais LP's-concepts pas toujours dûs au marketing; osent se forger une image plus crédible tout en gardant leur secrète alchimie et en s'adaptant à la mode au contraire de bien d'autres: le rêve doit être sans limite pour réussir...  

 

 

                                                     

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1990: World Full of Money

 

 

D'autre part, le quatuor jouant le single "Enjoy The Silence" sur le toit du World Trade Center; ne manquera pas d'apporter un vertige certain aux prétentieux et à tous ceux qui ne donnaient guère de futur au groupe passé le succès de catégorie du LP "Music For The Masses", vus auparavant comme de simples lutins malins ayant su un peu mieux que d'autres se servir des samplers. Normal ? Plus ou moins... Bêtes de scènes ? Certainement ! Avec donc cette douche de gloire doublé de l'apport nouveau de cordes de guitares dans leur musique par le fatal et multi-disque de platine "Violator", en un seul titre et succès foudroyant mais aussi par un style plus roots (ce qui à l'époque éveillaient forcément force stupeur, grognements, et ombres passantes sur le visage des fans de la première heure), DM, flirtant même avec le funk et le gospel sur certains titres, finit par lorgner sur Suicidal Tendencies avec l'O.D. au mélange de speedball de son chanteur; plus tard jugé par la police du comté et forcé de suivre une longue et pénible cure de désintox au Cedars Sinai - avant de renaître, en dépit de la perte d'un de leurs membres, aidés d'énormément d'interviews commentant ce fait d'arme (trop facile de confondre le drogué addict avec les trafiquants !) ainsi que de toute façon l'album "Ultra".  

 

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Pas étrangers donc à la house et au développement des monstres Marylin Manson, NIN, mais aussi The Prodigy, et de la drum and bass larmoyante de Portishead ou de Leftfield et bien d'autres; il va sans dire que DM, du fait de ses nombreux disques d'or, touche à pratiquement tous les styles musicaux tout en ne se connaissant aucun manque de forme ni d'inspiration (est-ce que certains de leurs récents morceaux n'évoquent pas du doom/folk ?) et ce en dépit d'un défilé de producteurs il faut bien dire plus ou moins heureux ou en porte-à-faux vis-à-vis de l'esprit du groupe, dont ceux de Moby ou d' Underworld: un florilège d'ingénieurs du son... Ainsi, si certaines de leurs productions sonneront essouflées jusqu'à faire se demander aux spécialistes si il ne s'agit pas d'un simple 4 pistes et que quelques autres seront tout bonnement refusés par les fans; leur mépris de toute barrière et de tout pacte est bien la raison pour laquelle la sortie de Songs Of Faith And Devotion/live apportera un souffle nouveau, ainsi qu'un coté démiurgique qui évoquera facilement pour tout amateur éclairé le film "Phantom of The Paradise" ou l'aspect grandiose d'un show à la The Wall...

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Un line-up moins gratuit en dépit de monstrueux gigs (d'ailleurs filmés la plupart du temps avant de finir en DVD) pour qui les regarde par la lorgnette, un membre plutôt figuratif et rigide (Andrew Fletcher) semblant en fait surtout hérité des icônes staliniennes des années 50 et bon pour choisir le motel de passage, il faut dire que l'évolution du groupe n'est sans doute pas distinct au changement de ton: DM, ayant finalement déménagé aux USA pour sa totalité, ne faillit aucunement à sa réputation; pour enfin donner naissance à ce LP en effet très "chill", (la batterie vintage et les arrangements très world n'échapperont à personne) et aux consonances de glace, peut-être parfois de feu, mais surtout, il faut bien reconnaître au final à l'aspect très rétro. En clair, Sounds of The Universe, en quelques singles dont l'amer "Wrong", le médiocre "Perfect", le militariste et décalé "Peace" à la Behind The Wheel (le clip évoque le quotidien d'un bidasse androgyne), les stoniens "In Sympathy" et "In Chains", survit à la critique comme aux ragots et aux rumeurs qui l'accompagnent, et n'apportera que très peu de bois à ses détracteurs.

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Et même s'il est vrai que l'ensemble, plus bourgeois, est dans sa majeure partie desservi par des EP's pas toujours suffisamment retravaillés et mixés pour être les bombes épiques d'antan, il s'agit là dorénavant d'un vrai groupe, et il est aisé de les imaginer marchant sur les pas de ces - par exemple - mythiques Beach Boys ou du torturé Brian Wilson (d'ailleurs Gore et Gahan vivent tous deux à L.A. non loin de Venice Beach) et puis en définitive, par ces titres visiblement très pensés, si les frasques minimes de ce groupe ne rejoignent qu'assez peu celles de ces idoles maudites du passé, ne s'agit-il toujours pas, pour l'heure, de cold wave britannique ?  

 

 http://www.dailymotion.com/video/xkquaa_depeche-mode-enjo...  

 Depeche Mode: Twin Towers (NYC); 1990.

 http://www.depechemode.com/  Le site de Depeche Mode

.http://www.tuug.fi/~jaakko/dm/dave.txt  Quelques uns des rapports des faits divers & problèmes de drogue ayant donné naissance à la légende de groupe sulfureux: Dave Gahan y est qualifié comme le "maniaque" de Depeche Mode...

http://www.youtube.com/watch?v=BwOqKAXOHhs  Entretien avec Depeche Mode.

http://www.frenchviolation.com/dm/index.php/post/Mute-Rec...  Le site du fan-club français de Depeche Mode.

http://www.depeche-mode.be/depechemode.html   Le site du fan-club belge de Depeche Mode.

http://www.interviewmagazine.com/fashion/frida-giannini-2/ Une intéressante et récente interview de Dave Gahan.

 http://www.magicrpm.com/artistes/depeche-mode/a-lire/inte... Une interview de Martin Gore, dans laquelle il dévoile son admiration pour Obama.

http://www.vanityfair.com/online/daily/2011/06/depeche-mo... Un entretien du même dans Vanity Fair; et ou il évoque, d'autre part et bien ironiquement, le brainwashing.

 http://www.recoil.co.uk/   Le site web de Recoil; le side-project d"Alan Wilder.

 http://laist.com/2009/04/22/major_street_closures_planned...

Depeche Mode qui génère la peur des émeutes, dans leur quartier de Beverley Hills.

  Siegel Jane.   L'auteur. 

 

                                                       1. In Chains.

                                                       2. Hole To Feed.

                                                       3. Wrong

                                                       4. Fragile tension.

                                                       5. Little Soul.

                                                       6. In Sympathy.

                                                       7. Peace.

                                                       8. Come Back.

                                                       9. Spacewalker.

                                                       10. Perfect.

                                                       11. Miles Away/The Truth is.

                                                       12. Jezebel.

                                                       13. Corrupt. 

 

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