04.03.2012

Basketball Diaries - Jim Carroll

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Un très bon livre, qui est très loin de l'adaptation beaucoup plus aseptisée. [*photo ci-dessus de Leo Di Caprio] On exagère bien sûr sur le fait que le (très) jeune héros se drogue, parceque cela fait vendre mais il faut surtout noter que le style est plutôt fluide ainsi que naif et conte une histoire universelle, celle de quelqu'un de "perdu" dans une grande ville mais qui se débrouille autant que faire se peut et avec ses maigres moyens - tout en se faisant très souvent voler...par plus riche que lui ! 


Les chapitres ou il contemple les étoiles sur le toit de l'immeuble qui domine Manhattan, comme celui du grand magasin, ou bien de la rencontre avec les 3 soeurs, avec ces 400 coups pratiqués avec ses copains, les rencontres avec les méchants des services sociaux, les tensions ethniques, tout cela laissera un souvenir impérissable pour qui sait lire entre les lignes. D'autre part le roman rapporte une cartographie très précise de NYC et surtout du Lower East Side. A mon avis, l'histoire démarre sur les chapeaux de roue à partir de la scène des homos de la gare centrale, un peu glauque mais tellement signifiante. Pas pour tout public sans doute, mais s'il fallait plaire au plus grand nombre il n'y aurait qu'assez peu de chefs d'oeuvres. Il est de toute façon clair que Basketball Diaries est contre toute censure.

 

[résumé de l'éditeur]

Oeuvre-culte de l'underground new-yorkais, le Journal de Jim Carroll, paru au début des années 70, est à la fois le portrait d'une ville impitoyable, vue par les yeux d'un jeune sauvage urbain, et un manuel de révolte adolescente. Le joueur de basket arpente les trottoirs de New York City, racole, vole à l'étalage, arnaque, refourgue, se défonce, s'envoie en l'air et tire au panier des balles impeccables dans la même langue insolente. A la recherche, peut-être, d'une pureté hors d'atteinte. Ce qui,sans doute, inspira à Jack Kerouac la réflexion suivante: "A treize ans, Jim Carroll écrit une prose plus intéressante que 98% des romanciers contemporains." Jim Carroll est devenu, depuis la période couverte par ce journal, un poète et un rocker dont le renom n'a cessé de croître dans l'underground new-yorkais. Il a enregistré plusieurs disques, dont le célèbre Catholic Boy, au début des années 80. 

 

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24.01.2012

Demain les rats - Christopher Stork [Excellente SF...]

 

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De l'anticipation pure qui vaut par le message premier que cette oeuvre délivre; les rats se prennent pour des hommes et les singent, par tous les moyens et les comportements existants. Juste un problème philosophique, les rats regretteront-ils pas un jour leur ancien statut, et doivent-ils annihiler cet homme qu'ils révèrent pourtant dans tous les domaines, quoi qu'ils disent ? 


A l'ironie noire, on suit donc cette histoire pleine d'humour, angoissante mais dérangeante, et de toute façon saturée de thèmes scientifiques cruciaux. En effet, la génétique progresse jour après jour...

Demain les rats [Texte imprimé] Christopher Stork 
de Stork, Christopher 
Éditions Fleuve noir / Anticipation
ISBN : 9782265015234 ; 1980-01-01 ; 215 p. p. ; Poche

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18.01.2012

La Bête Qui Meurt - Philip Roth [Un vrai bon roman]

C'est le roman d'un envoûtement dans une Amérique bien loin des joyeuses bacchanales des années 60, chères au "Professeur de désir"...


 

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Fidèle à lui-même, l'auteur nous conte une histoire à propos d'amour, de quotidien, de rêve, mais aussi de vie: fort de son expérience, Roth nous parle aussi d'une autre époque mais aussi de sa jeunesse, moins puritaine, moins hypocrite sans doute, mais qui a certainement vu éclore pas mal de libérations... Pétillant, malicieux, moqueur parfois, ironique, on sourit en lisant certains passages car il s'agit après tout d'un vieux sortant avec une toute jeunette. Il n'y a pas dans La Bête Qui meurt, outre David Kepesh, ce prof renommé, la très maline Consuela, les scènes consacrées au piano (ou alors le drame tragique final), cette usuelle nécessité d'éviter les vrais sentiments, ou sujets scabreux, ou surtout de naviguer dans cet angélisme made in USA qu'on connaît tous et tout droit issu de Disneyland: Ce livre n'est donc pas juste le récit d'un séducteur new-yorkais, d'un homme très amoureux, ou de quelqu'un de romantique, mais, en dépit des excès ou des longs chapitres consacrés au sexe et à ces passions diverses et variées, il y a là quelque chose de vraiment plaisant; car il s'agit selon toute évidence d'une nouvelle d'un écrivain gigantesque longtemps snobé par les élites qui faille enfin à son destin, et qui pourra également faire rougir beaucoup des plus affranchis d'entre nous. Parfois glamour, parfois osé sans doute, mais surtout talentueux ! Enfin il faudra bien avouer que des personnages tels que Janie Wyatt apportent la touche pittoresque et véridique, qui font par ailleurs bien souvent défaut dans le spectre des nombreuses nouvelles oeuvres éditées chaque année.

[extraits]

"La quête du mâle aventureux, les avances du mâle, ça n’était pas pour elles un délit à dénoncer et sanctionner, mais un signal sexuel auquel il était loisible de répondre. (…) Porter plainte ? Elles n’avaient pas grandi dans ce système idéologique. (…) elles savaient s’abandonner au plaisir sans peur (…) c’était une génération qui ne se fiait qu’à son *** pour juger de la nature de l’expérience et des délices du monde ».


"Son astuce est d'avoir compris dés son arrivée le bon usage de la banlieue. Petite fille, elle ne s'était jamais sentie libre, en ville, elle n'avait jamais eue la bride sur le cou comme les garçons. Mais, à Manhasset, elle trouvait son horizon de pionnière. Il y avait bien des voisins, mais moins proches qu'en ville. Quand elle rentrait du lycée, les rues étaient désertes. On aurait dit une ville fantôme dans un western. Pas un chat. Tout le monde au boulot."